Le Jardin

L’âme est un jardin ; les cinq sens en sont les portes et l’intelligence est là pour les ouvrir.

Mon projet de peintre se situe dans ce jardin.

Pour révéler, libérer ce que désire dire le « jardin », mon « vouloir » et mon « savoir » sont suspendus et je me laisse interroger par la peinture. Je jardine en utilisant la nature, ma propre nature et le chaos comme éléments et matériaux ; les cultures, les styles en sont les engrais.
Nullement l’artisan d’une forme précise ou d’un concept à la mode, j’agis dans la gratuité, sans « utilité » réelle ; je m’adresse à moi-même et me révèle. Je me concentre sur le processus et non le but sans pour autant que la procédure devienne le but en soi, et tout en gardant mon attention sur la joie du toucher.
Peindre me permet de porter un regard neuf sur toute chose de la nature et du monde, y compris sur mon travail quotidien.
Peindre est l’expérience du cycle incessant des renaissances : les mêmes doutes, les mêmes difficultés liées aux frustrations, aux échecs et finalement, les mêmes joies profondes, silencieuses, constitutives, éternelles.
Je fais pour devenir et je deviens ce que je fais.

« A l’image de la nature, le peintre se renouvelle sans cesse et évolue lentement ».

« Lorsqu’un jardinier a une idée précise de ce que doit être une fleur, les trois quarts de son jardin meurent ».

« Les cinq sens sont les portes de l’âme et l’intelligence est là pour les ouvrir ».

Errance

Depuis trente ans, au fil des jours, j’erre en compagnie de mes toiles, couleurs, pinceaux et pixels, à la découverte d’une réalité intérieure. L’énergie singulière qui se dégage de la matière se matérialise dans des motifs à chaque fois renouvelés; elle constitue une présence mystérieuse qui semble suspendre et étendre le temps. Ainsi je jardine. De cette lente, profonde et progressive errance, se découvrent les sentiers et les chemins qui constituent mon jardin. Le temps s’exprime au travers de mon bras.
Et ma peinture n’a de cesse d’explorer et de découvrir des champs nouveaux, sans jamais être de prime abord le résultat d’une volonté exprimée.

Montagne_magique_1993_Xavier_Cardinaux

« La montagne magique » 1993, huile sur toile, 200 x 140 cm.