Texte de M. Christian Buenzod

La peinture de Xavier Cardinaux possède un pouvoir qui s’apparente dans une certaine mesure à celui des icônes, en nous soumettant à un choc qui peut fissurer ne serait-ce qu’imperceptiblement, l’écorce anecdotique de notre personnalité. La violence du geste fait surgir d’un magma de taches indifférenciées des figures emblématiques qui sont les reflets de nos propres monstres, des miroirs offerts à nos masques figés par une vie sans ailleurs. Ses œuvres sont des objets rituels, des aiguiseurs de l’âme.

Les toiles de Xavier Cardinaux sont aussi des surfaces de jouissance où s’épanche la beauté, au-delà de leur aspect dramatique. Leur richesse plastique, bien éloignée des tristes ratiocinations d’un certain art conceptuel offre un espace où peuvent s’ébattre les fantasmes mis en branle par tant d’étreintes, de maternités et de corps offerts à notre contemplation incrédule…

Christian Buenzod 1989

HIBOU_1987

« Le Hibou » 1987, huile sur toile, 140 x 100 cm.