LES PLATANES

"Platane", 1997, huile sur toile, 170 x 190 cm

« Platane », 1997, huile sur toile, 170 x 190 cm

Les platanes

Commun et très reconnaissable, le platane, arbre vigoureux au port colonnaire très élargi, largement utilisé pour orner les places et les boulevards, cache des secrets. Son écorce grisâtre s’exfolie, laissant des plaques beiges ou verdâtres ; c’est un bois facile à travailler.
Mais surtout, par un jour ensoleillé de janvier 1991, la rencontre fortuite et émouvante avec un platane décide le peintre d’en faire le portrait. Le dévolu est posé sur un platane taillé, racorni, semblable à ceux qui s’alignent le longs des quais genevois.
Pour Xavier Cardinaux, les platanes, comme des sculptures vivantes, sont travaillés, endommagés par le temps. Blessés, meurtris, ils évoquent et représentent une part de l’existence humaine.
A l’instar de ces arbres dont le bois qui assure le rôle de conduction de la sève brute des racines jusqu’aux feuilles semble presque pétrifié, l’être humain s’est discipliné, contraint par ses croyances, ses valeurs, sa culture. Empêché ainsi de croître en toute liberté, il n’atteint jamais ni la taille ni l’envergure potentielles de la sève qu’il porte en lui.
Dans le schéma rigoureux de la technique du portrait, le motif est donné  et toute l’énergie créatrice peut se libérer à l’intérieur même du sujet : la peinture.
Après avoir achevé son premier platane, en 1991, le peintre décide de lui donner des familiers, au rythme d’une fois par an, pendant sept ans. Cette expérience renouvelée offre des portraits de platanes différents, mais toujours sur le même fonds de ciel tranchant et hivernal. Là se dévoilent l’évolution d’une technique picturale et d’une liberté intérieure.